Un questionnaire sur les pratiques musicales, administré à des passants place Sainte-Anne à Rennes, un vendredi midi de décembre. Puis l'exercice qui compte vraiment : écrire ce qui, dans les conditions de la collecte, a pu abîmer les données.
Travail de L3 MIASHS.
Une analyse des sources d'erreur observées sur le terrain, distinctes de l'erreur d'échantillonnage que les manuels traitent :
Le froid : il a probablement poussé les répondants à finir vite, donc à réfléchir moins. Une réponse donnée en trois secondes et une réponse pesée ne se valent pas, et rien dans le fichier final ne les distingue.
La présence de tiers : elle a motivé des participations en groupe, ce qui dégrade le caractère aléatoire de l'échantillon, puisque des gens qui se connaissent partagent souvent les pratiques culturelles qu'on cherche justement à mesurer. L'effet ne porte pas sur une réponse isolée mais sur la structure de l'échantillon.
Le bruit ambiant, subi par la moitié des passations.
La relation enquêteur-enquêté : une approche cordiale obtient plus de participations, et engage l'enquêteur à surveiller sa propre neutralité.
Le lieu et l'heure : la sortie de métro augmente le nombre de passants ; le midi, mêlant étudiants et actifs, produit une composition particulière qui n'est pas celle de la population.
L'habitude de considérer que des données de terrain portent la trace de leurs conditions de production. C'est ce qui manque le plus souvent en aval : on traite un fichier comme s'il était tombé du ciel, alors que la moitié de ce qui limite les conclusions s'est jouée pendant la collecte.
compte_rendu_critique.pdf |
le compte rendu |
Les réponses recueillies ne sont pas publiées : elles concernent des personnes interrogées dans la rue, qui n'ont consenti qu'à un usage pédagogique.
Léandre Gachet, Licence 3 MIASHS